"Maudite soit la nuit aux plaisirs éphémères
Où mon ventre a conçu mon expiation !"
Bénédiction - Charles Baudelaire
"Le poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher."
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher."
L'albatros - Charles Baudelaire
" Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens."
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens."
Correspondances - Charles Baudelaire
"J'eusse aimé voir son corps fleurir avec son âme
Et grandir librement dans ses terribles jeux ;
Deviner si son cœur couve une sombre flamme
Aux humides brouillards qui nagent dans ses yeux ;"
Et grandir librement dans ses terribles jeux ;
Deviner si son cœur couve une sombre flamme
Aux humides brouillards qui nagent dans ses yeux ;"
La géante - Charles Baudelaire
"Ton mensonge m'enivre, et mon âme s'abreuve
Aux flots que la douleur fait jaillir de tes yeux !"
Aux flots que la douleur fait jaillir de tes yeux !"
Le Masque - Charles Baudelaire
" Roulons-y sans remords, amazone inhumaine,
Afin d'éterniser l'ardeur de notre haine !"
Afin d'éterniser l'ardeur de notre haine !"
Duellum - Charles Baudelaire
" Que bâtir sur les cœurs est une chose sotte ;
Que tout craque, amour et beauté,
Jusqu'à ce que l'Oubli les jette dans sa hotte
Pour les rendre à l'Éternité ! "
J'ai souvent évoqué cette lune enchantée,
Ce silence et cette langueur,
Et cette confidence horrible chuchotée
Au confessionnal du cœur."
Que tout craque, amour et beauté,
Jusqu'à ce que l'Oubli les jette dans sa hotte
Pour les rendre à l'Éternité ! "
J'ai souvent évoqué cette lune enchantée,
Ce silence et cette langueur,
Et cette confidence horrible chuchotée
Au confessionnal du cœur."
Confession - Charles Baudelaire
"Je serai ton cercueil, aimable pestilence !
Le témoin de ta force et de ta virulence,"
Le témoin de ta force et de ta virulence,"
Le Flacon - Charles Baudelaire
" Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir"
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir"
L'invitation au voyage - Charles Baudelaire
" Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir ?
Peut-on déchirer des ténèbres
Plus denses que la poix, sans matin et sans soir,
Sans astres, sans éclairs funèbres ?"
Peut-on déchirer des ténèbres
Plus denses que la poix, sans matin et sans soir,
Sans astres, sans éclairs funèbres ?"
L'irréparable - Charles Baudelaire
"- Ta main se glisse en vain sur mon sein qui se pâme ;
Ce qu'elle cherche, amie, est un lieu saccagé
Par la griffe et la dent féroce de la femme.
Ne cherchez plus mon cœur ; les bêtes l'ont mangé."
Ce qu'elle cherche, amie, est un lieu saccagé
Par la griffe et la dent féroce de la femme.
Ne cherchez plus mon cœur ; les bêtes l'ont mangé."
Causeries - Charles Baudelaire
"Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd."
Sous les coups du bélier infatigable et lourd."
Chant d'automne - Charles Baudelaire
"Volupté noire ! Des sept Péchés capitaux,
Bourreau plein de remords, je ferai sept couteaux
Bien affilés, et comme un jongleur insensible,
Prenant le plus profond de ton amour pour cible,
Je les planterai tous dans ton Cœur pantelant,
Dans ton Cœur sanglotant, dans ton Cœur ruisselant !"
Bourreau plein de remords, je ferai sept couteaux
Bien affilés, et comme un jongleur insensible,
Prenant le plus profond de ton amour pour cible,
Je les planterai tous dans ton Cœur pantelant,
Dans ton Cœur sanglotant, dans ton Cœur ruisselant !"
A une Madone - Charles Baudelaire
" Quelquefois, pour apaiser
Ta rage mystérieuse,
Tu prodigues, sérieuse,
La morsure et le baiser ;"
Ta rage mystérieuse,
Tu prodigues, sérieuse,
La morsure et le baiser ;"
Chanson d'Après-midis - Charles Baudelaire
" Et son cœur, ravagé par la flamme, a toujours,
Pour qui s'en montre digne, un réservoir de larmes."
Pour qui s'en montre digne, un réservoir de larmes."
Sisina - Charles Baudelaire
" Vous feriez, à l'abri des ombreuses retraites,
Germer mille sonnets dans le cœur des poètes,"
Germer mille sonnets dans le cœur des poètes,"
A une dame Créole - Charles Baudelaire
" La Haine est un ivrogne au fond d'une taverne,
Qui sent toujours la soif naître de la liqueur
Et se multiplier comme l'hydre de Lerne.
- Mais les buveurs heureux connaissent leur vainqueur,
Et la Haine est vouée à ce sort lamentable
De ne pouvoir jamais s'endormir sous la table."
Qui sent toujours la soif naître de la liqueur
Et se multiplier comme l'hydre de Lerne.
- Mais les buveurs heureux connaissent leur vainqueur,
Et la Haine est vouée à ce sort lamentable
De ne pouvoir jamais s'endormir sous la table."
Le tonneau de la haine - Charles Baudelaire
" Il arrive souvent que sa voix affaiblie
Semble le râle épais d'un blessé qu'on oublie
Au bord d'un lac de sang, sous un grand tas de morts,
Et qui meurt, sans bouger, dans d'immenses efforts."
Semble le râle épais d'un blessé qu'on oublie
Au bord d'un lac de sang, sous un grand tas de morts,
Et qui meurt, sans bouger, dans d'immenses efforts."
La cloche félée - Charles Baudelaire
" L'âme d'un vieux poète erre dans la gouttière
Avec la triste voix d'un fantôme frileux."
Avec la triste voix d'un fantôme frileux."
" Le beau valet de cœur et la dame de pique
Causent sinistrement de leurs amours défunts."
Causent sinistrement de leurs amours défunts."
Spleen 75 - Charles Baudelaire
" Par toi je change l'or en fer
Et le paradis en enfer ; "
Et le paradis en enfer ; "
Alchimie de la douleur - Charles Baudelaire
"Vos vastes nuages en deuil
Sont les corbillards de mes rêves,
Et vos lueurs sont le reflet
De l'Enfer où mon cœur se plaît. "
Sont les corbillards de mes rêves,
Et vos lueurs sont le reflet
De l'Enfer où mon cœur se plaît. "
Horreur sympathique - Charles Baudelaire
" Je suis de mon cœur le vampire,
- Un de ces grands abandonnés
Au rire éternel condamnés,
Et qui ne peuvent plus sourire ! "
- Un de ces grands abandonnés
Au rire éternel condamnés,
Et qui ne peuvent plus sourire ! "
L'héautontimorouménos - Charles Baudelaire
" Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! C'est la loi. "
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! C'est la loi. "
L'horloge - Charles Baudelaire
" Et mon cœur s'effraya d'envier maint pauvre homme
Courant avec ferveur à l'abîme béant,
Et qui, soûl de son sang, préférerait en somme
La douleur à la mort et l'enfer au néant ! "
Courant avec ferveur à l'abîme béant,
Et qui, soûl de son sang, préférerait en somme
La douleur à la mort et l'enfer au néant ! "
Le jeu - Charles Baudelaire
"Au chant des violons, aux flammes des bougies,
Espères-tu chasser ton cauchemar moqueur,
Et viens-tu demander au torrent des orgies
De rafraîchir l'enfer allumé dans ton cœur ? "
Espères-tu chasser ton cauchemar moqueur,
Et viens-tu demander au torrent des orgies
De rafraîchir l'enfer allumé dans ton cœur ? "
Danse macabre - Charles Baudelaire
" Je sais qu'il est des yeux, des plus mélancoliques,
Qui ne recèlent point de secret précieux ;
Beaux écrins sans joyaux, médaillons sans reliques,
Plus vides, plus profonds que vous-mêmes, ô cieux !"
Qui ne recèlent point de secret précieux ;
Beaux écrins sans joyaux, médaillons sans reliques,
Plus vides, plus profonds que vous-mêmes, ô cieux !"
L'amour du mensonge - Charles Baudelaire
" Certes, ils doivent trouver les vivants bien ingrats,
À dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps,
Tandis que, dévorés de noires songeries,
Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries,
Vieux squelettes gelés travaillés par le ver,
Ils sentent s'égoutter les neiges de l'hiver
Et le siècle couler, sans qu'amis ni famille
Remplacent les lambeaux qui pendent à leur grille. "
À dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps,
Tandis que, dévorés de noires songeries,
Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries,
Vieux squelettes gelés travaillés par le ver,
Ils sentent s'égoutter les neiges de l'hiver
Et le siècle couler, sans qu'amis ni famille
Remplacent les lambeaux qui pendent à leur grille. "
C. - Charles Baudelaire
" En rouvrant mes yeux pleins de flamme
J'ai vu l'horreur de mon taudis,
Et senti, rentrant dans mon âme,
La pointe des soucis maudits ;
La pendule aux accents funèbres
Sonnait brutalement midi,
Et le ciel versait des ténèbres
Sur le triste monde engourdi. "
J'ai vu l'horreur de mon taudis,
Et senti, rentrant dans mon âme,
La pointe des soucis maudits ;
La pendule aux accents funèbres
Sonnait brutalement midi,
Et le ciel versait des ténèbres
Sur le triste monde engourdi. "
Rêve Parisien - Charles Baudelaire
"L'aurore grelottante en robe rose et verte
S'avançait lentement sur la Seine déserte,
Et le sombre Paris, en se frottant les yeux,
Empoignait ses outils, vieillard laborieux. "
S'avançait lentement sur la Seine déserte,
Et le sombre Paris, en se frottant les yeux,
Empoignait ses outils, vieillard laborieux. "
Le crépuscule du matin - Charles Baudelaire
" Car j'éprouve une joie immense quand je tombe
Dans le gosier d'un homme usé par ses travaux,
Et sa chaude poitrine est une douce tombe
Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux. "
Dans le gosier d'un homme usé par ses travaux,
Et sa chaude poitrine est une douce tombe
Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux. "
L'âme du vin - Charles Baudelaire
" Pour noyer la rancœur et bercer l'indolence
De tous ces vieux maudits qui meurent en silence,
Dieu, touché de remords, avait fait le sommeil ;
L'homme ajouta le Vin, fils sacré du Soleil ! "
De tous ces vieux maudits qui meurent en silence,
Dieu, touché de remords, avait fait le sommeil ;
L'homme ajouta le Vin, fils sacré du Soleil ! "
Le vin des chiffonniers - Charles Baudelaire
" L'horrible soif qui me déchire
Aurait besoin pour s'assouvir
D'autant de vin qu'en peut tenir
Son tombeau ; - ce n'est pas peu dire :
Je l'ai jetée au fond d'un puits,
Et j'ai même poussé sur elle
Tous les pavés de la margelle.
- Je l'oublierai si je le puis ! "
Aurait besoin pour s'assouvir
D'autant de vin qu'en peut tenir
Son tombeau ; - ce n'est pas peu dire :
Je l'ai jetée au fond d'un puits,
Et j'ai même poussé sur elle
Tous les pavés de la margelle.
- Je l'oublierai si je le puis ! "
Le vin de l'assassin - Charles Baudelaire
" La Débauche et la Mort sont deux aimables filles,
Prodigues de baisers et riches de santé, "
Prodigues de baisers et riches de santé, "
Les deux bonnes sœurs - Charles Baudelaire
" Il me semble parfois que mon sang coule à flots,
Ainsi qu'une fontaine aux rythmiques sanglots.
Je l'entends bien qui coule avec un long murmure,
Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure. "
Ainsi qu'une fontaine aux rythmiques sanglots.
Je l'entends bien qui coule avec un long murmure,
Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure. "
La fontaine de sang - Charles Baudelaire
" Elle ignore l'Enfer comme le Purgatoire,
Et quand l'heure viendra d'entrer dans la Nuit noire,
Elle regardera la face de la Mort,
Ainsi qu'un nouveau-né, - sans haine et sans remord."
Et quand l'heure viendra d'entrer dans la Nuit noire,
Elle regardera la face de la Mort,
Ainsi qu'un nouveau-né, - sans haine et sans remord."
Allégorie - Charles Baudelaire
" Devant toi, pauvre diable au souvenir si cher,
J'ai senti tous les becs et toutes les mâchoires
Des corbeaux lancinants et des panthères noires
Qui jadis aimaient tant à triturer ma chair. "
J'ai senti tous les becs et toutes les mâchoires
Des corbeaux lancinants et des panthères noires
Qui jadis aimaient tant à triturer ma chair. "
"- Ah ! Seigneur ! Donnez-moi la force et le courage
De contempler mon cœur et mon corps sans dégoût !"
De contempler mon cœur et mon corps sans dégoût !"
Un voyage à Cythère - Charles Baudelaire
"Car ce que ta bouche cruelle
Éparpille en l'air,
Monstre assassin, c'est ma cervelle,
Mon sang et ma chair ! "
Éparpille en l'air,
Monstre assassin, c'est ma cervelle,
Mon sang et ma chair ! "
L'amour et le crâne - Charles Baudelaire
" Saint Pierre a renié Jésus... Il a bien fait !"
Le reniement de St Pierre - Charles Baudelaire
" Race de Caïn, au ciel monte,
Et sur la terre jette Dieu ! "
Et sur la terre jette Dieu ! "
Abel et Caïn - Charles Baudelaire
" Gloire et louange à toi, Satan, dans les hauteurs
Du Ciel, où tu règnas, et dans les profondeurs
De l'Enfer, où, vaincu, tu rêves en silence ! "
Du Ciel, où tu règnas, et dans les profondeurs
De l'Enfer, où, vaincu, tu rêves en silence ! "
CXX - Charles Baudelaire
" C'est que la Mort, planant comme un soleil nouveau,
Fera s'épanouir les fleurs de leur cerveau ! "
Fera s'épanouir les fleurs de leur cerveau ! "
La mort des artistes - Charles Baudelaire
" Verse-nous ton poison pour qu'il nous réconforte !
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe,
Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau ! "
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe,
Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau ! "
Le voyage - Charles Baudelaire
Ce poète est un génie.
Ma préférence va vers les poètes contemporains, Paul Celan et autres (Jacottet en est un, d'ailleurs), mais Baudelaire a une belle poésie, je trouve.
RépondreSupprimerJe ne connais que très peu la poésie contemporaine.. Si tu veux je pourrais te faire lire mes écrits.
RépondreSupprimerOh, oui, ça me plairait bien ! :)
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